Pensée du 14 octobre 2026

Quand l’harmonie culinaire tourne au sketch

Un repas qui aurait dû être une odyssée gustative se transforme en farce involontaire…

La formule à 36 € promettait un voyage en trois actes, mais le premier s’est soldé par un œuf dur déguisé en mollet, le second par une burrata en quête désespérée de yuzu, et le troisième par une explosion de combava qui a fait office de *trop-plein* sensoriel. Le serveur, acteur malgré lui de cette pièce mal jouée, a tenté de jouer les médiateurs, mais la scène manquait cruellement de script. Quant au dessert, malgré un tiramisu honorable, l’intrusion récurrente de gorgonzola dans des plats où il n’avait rien à faire rappelle que certains ingrédients, comme certaines idées fixes, peuvent transformer un repas en *expérience*… au sens restreint du terme. Le manque de geste commercial révèle une philosophie du service où l’erreur, une fois admise, ne mérite même pas un peu de miel sur la plaie. Bref, une soirée où l’on a appris une chose : en cuisine comme en métaphysique, l’intention ne suffit pas.

Entre l’œuf qui joue les caméléons et le gorgonzola qui s’invite à toutes les tables, on se demande si la quête de perfection gustative ne relève pas, en cuisine comme ailleurs, d’une illusion bien tempérée. Une bonne sauce ne sauve pas une entrée ratée, et un dessert valeureux ne compense pas des plats où chaque bouchée rappelle que la modération, même (surtout ?) en gastronomie, est une vertu.

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